TURLUTUTU chapeau pointu ou la vie c'est sûrement autre chose !

INCANTA


Marie Alberto Jeanjacques au PROJECT-ROOM
INCANTA
CRAC Languedoc-Rousillon, Sète
du 30 octobre 2009 au 17 janvier 2010
http://crac.lr.free.fr/

Le genou de Claire



La fleur de l'été

Un soir, un train

L'ombre d'Igor

L'ombre d'Igor, de Juliette Binet (Autrement jeunesse)
du9

Who are you, little i

qui es-tu petit je

(cinq ou six ans peut-être)
là-haut à sa fenêtre

considérant ; tout yeux


l’or d’un couchant d’hiver

(et sentant bien : que si
le jour doit se faire nuit

c’est là une belle manière


Contes de fées, 16 poèmes enfantins, de e. e. cummings (Clémence Hiver, 2002)

Quand je mourrai

Par Anna

Quand je mourrai,
je ferai ça moi-même.
Personne à ma place.
Quand je serai prête,
je dirai
" Fynn, redresse-moi. "
Et je rirai
de joie.
Si je retombe,
c'est que je suis morte.

Anna et Mister God, de Fynn (1974)

Hadewijch

Hadewijch, de Bruno Dumont, avec Julie Sokolowski

Beatrice Dalle

Chloë Sevigny

Lhasa

What Kind of heart

Comment refuser de manger un plat que l'on déteste,

... à un repas où on est invité, où on n'a rien à dire, où on n'aime pas forcément les Ouroulbouloucks qui nous ont invités, où on est là parce que ce sont les parents ouroulbouloucks qui décident et qu'on est encore petit :

Matériel à cacher dans un poche avant de partir :
- Un air désespéré.
- Un rouleau de papier collant.
- Une attitude très polie.
- Une boîte de peinture.

Pendant que les grands Ouroulbouloucks s'installent à table et boivent l'apérotif:
- S'assoir à sa place.
- Coller le papier sur sa bouche.
- Peindre le papier collé sur sa bouche de la même couleur que ses joues.
- Mettre l'air désespéré dans ses yeux.
- Montrer son attitude très polie.
À un moment ou à un autre, les adultes verront l'absence de bouche. Aussitôt ils vous diront d'aller vous coucher, car c'est la seule façon de guérir d'une absence de bouche.
- Quitter la table sans se précipiter.
- Faire un petit salut, comme à la fin d'un spectacle.
- Sortir.
- Fermer la porte derrière soi.
Ensuite, faire ce qu'on veut. Quand les Ouroulboulouks mangent, ils ne pensent à rien d'autre et ne vont jamais vérifier si les enfants sans bouche dorment dans leur chambre.


Almanach ouroulboulouck
, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)

Où poser un bain une fois qu'on l'a pris ?

Lorsqu'on prend un bain, il faut le faire délicatement, car les bains sont fragiles. Et prévoir avant ce qu'on va en faire après. Sinon le bain prend peur et se vide n'importe où. Ce qui laisse des traces difficiles à effacer. les douches sont moins fragiles, mais il est nécessaire de les traiter avec la même délicatesse que les bains et pour les mêmes raisons. Le mieux est de toujours remettre le bain où l'on a pris après s'en être servi. De même pour la douche. Conseil: toujours vérifier qu'un bain est plein avant de le prendre, sinon il est dangereux d'y plonger.
À savoir: le bain mou, sans mousse moussant sans eau d'heure tardive n'existe pas, même à l'état sauvage. C'est une légende.

Almanach ouroulboulouck
, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)

Comment savoir ce que disent les parents dans leur lit

- Dissimuler une touffe de Zorilles du soir dans leur chambre, sous le lit de préférence.
- Ne pas oublier de la retirer avant le lever du Grossoleille.
- S'isoler et tirer les Zorilles vigoureusement, quand elles sont bien rouges, elles racontent tout ce qu'elles ont entendu.
Conseil: écouter.

Almanach ouroulboulouck
, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)

Pipiou

on a toujours besoin d'un petit pois chez soi !

Chère Plune

Chère Plune: ma main gauche avec la cuillère s'en va vers vous. Je me demande ce que fera ma main droite avec mon chocolat. Pourquoi me dites-vous vous, vous, répond la Plune ?

Almanach ouroulboulouck
, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)

2010, un délice

Jérôme Bosch, Le jardin des délices (détail)

Jézembe

C'est le moment de ramasser les éclats de rire qui se sont répandus un peu partout au cours de l'année quand les Ouroulboulouks ont bien ri. Le temps a passé, les éclats ne sont plus coupants sur les bords et ont pris de jolies couleurs chaudes et douces, ils feront de très tendres souvenirs pour plus tard. Bien les frotter, qu'ils brillent, les ranger en les séparant avec une feuille de papier de soie. Les sortir souvent et leur accorder une amicale pensée.

Almanach ouroulboulouck, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)

Réfléchissons un peu !

Pourquoi la pluie descend ?

Réponse pour réfléchir :
Comment feraient les parapluies si elle montait ?

Almanach ouroulboulouck, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)

La plus petite fleur du monde

La plus petite fleur du monde n'a jamais été vue. Elle pousse à la cime des pins parasols verts et verts, sur une seule aiguille, et s'envole sur un autre pin dès que quelqu'un essaie de la regarder. On pense que c'est par timidité. Elle est si petite qu'il faudrait un microscope de fourmi pour la voir. Elle porte ses bébés dans un chapeau sur la tête, se nourrit de sève de pin et dort les yeux ouverts.

Almanach ouroulboulouck, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)

Jeu d'observation

En fermant les yeux, Toikili, peux-tu dire à quelle heure tu as fermé les yeux ?

Almanach ouroulboulouck, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)

Croyez-vous, ma chère, quelle sottise de penser qu'on peut se réchauffer avec des allumettes.

























A la vue des malheurs que la mort cause autour d'elle,
les jeunes gens décident de fuir dans les nuages...


La petite marchande d'allumettes
, de Jean Renoir
(1928) (extrait)

Le père

liste de beauté

LA HALLE SAINT PIERRE
du 15/12 au 10/01/2010
Librairie éphémère ici

Simon sans nuit

pour Carminou

La fille de l'hiver
La fille du soleil

A Man With Moving Light





















A Man With Moving Light, de
Man Ray (1937)

Remy Zaugg

Carmen croque des pommes à la châtelaine

L'attrape-coeur

- Tu connais la chanson “si un cœur attrape un cœur qui vient à travers les seigles”? Je voudrais…

- C’est "si un corps rencontre un corps qui vient à travers les seigles". C’est un poème de Richard Burns.

Remarquez, elle avait raison, c’est "Si un corps rencontre un corps qui vient à travers les seigles". Depuis, j’ai vérifié.
 Là j’ai dit : Je croyais que c’était "Si un cœur attrape un cœur". Bon, je me représente tous ces petits mômes qui jouent à je ne sais quoi dans le grand champ de seigles et tout. Des milliers de petits mômes et personne avec eux, je veux dire pas de grandes personnes – rien que moi. Et moi je suis planté au bord d’une saleté de falaise. Ce que j’ai à faire c’est attraper les mômes s’ils approchent trop près du bord. Je veux dire s’ils courent sans regarder où ils vont, moi je rapplique et je les attrape. C’est ce que je ferais toute la journée. Je serais juste l’attrape-cœurs et tout. D’accord, c’est dingue, mais c’est vraiment ce que je voudrai être. Seulement ça. D’accord, c’est dingue.

J.D Salinger

Cache-toi dans ma bouche






























Quand on a un problème, on le mange!

Leben ? oder Theater ?












































(...) Une personne est assise face à la mer. Elle peint. Une musique est dans sa tête. Elle s'aperçoit que la musique correspond exactement à ce qu'elle essaye de mettre sur papier. Un texte se forme dans sa tête et elle commence à chanter la chanson avec ses propres mots...


Charlotte Salomon est née dans une famille juive en 1917 à Berlin. Après la Nuit de Cristal, fin 1938, elle est envoyée sur la Côte d’Azur. Hantée par de nombreux suicides dans sa famille, exilée, elle réalise de 1940 à 1942 « Vie ? ou Théâtre ? », une trilogie avec près de 1325 gouaches, des textes et des partitions musicales. Elle avait 26 ans lorsqu’elle fut arrêtée et gazée à Auschwitz.
Vie? ou théâtre ? pièce chantée, de Charlotte Salomon (1325 gouaches, textes et partitions musicales)

A children's tale




Once upon a time, there was a pretty fly
He had a pretty woman, this pretty fly
But one day she flew away, flew away, flew away

She had two pretty children
But one night these two pretty children
Flew away, flew away, into the sky, into the moon

BO du film La nuit du chasseur, de Charles Laughton


Retour dans la neige

Un soir, après le repas, j’allai encore en hâte au bord du lac drapé de je ne sais plus très bien quelle mélancolie pluvieuse et sombre. Je m’assis sur un banc sous les branches dégagées d’un saule et ainsi, m’abandonnant à des pensées vagues, je voulus m’imaginer que je n’étais nulle part, une philosophie qui me procura un bien-être étrange et délicieux. L’image de la tristesse sur le lac, sous la pluie, était magnifique. Dans son eau chaude et grise tombait une pluie minutieuse et pour ainsi dire prudente. Mon vieux père avec ses cheveux blancs m’apparut en pensées, ce qui fit de moi un enfant timide et insignifiant, et le portrait de ma mère se mêla au doux et paisible murmure et à la caresse des vagues. Avec l’étendue du lac qui me regardait comme je le faisais moi-même, je découvris l’enfance qui me considérait elle aussi, comme avec de beaux yeux limpides et bons. Tantôt j’oubliais tout à fait où je me trouvais, tantôt je le savais de nouveau. Quelques promeneurs silencieux allaient et venaient tranquillement sur la rive, deux jeunes ouvrières s’assirent sur le banc voisin et commencèrent à bavarder et là-bas sur l’eau, là-bas sur le lac bien-aimé, où les larmes douces et sereines coulaient paisiblement, des amateurs de navigation voguaient encore dans des bateaux ou des barques, le parapluie ouvert au-dessus de leurs têtes, une image qui me fit rêver que j’étais en Chine ou au Japon ou dans un autre pays de poésie et de rêve. Il pleuvait si gentiment et si tendrement dans l’eau et il faisait si sombre. Toutes les pensées sommeillaient puis toutes les pensées étaient de nouveau en éveil. Un vapeur sortit sur le lac; ses lumières scintillaient à merveille dans l’eau lisse et gris argent du lac qui portait ce beau bateau comme s’il éprouvait de la joie à cette apparition féerique. La nuit tomba peu après, et avec elle l’aimable invitation à se lever du banc sous les arbres, à s’éloigner de la rive et à prendre le chemin du retour.

Retour dans la neige, de Robert Walser (proses brèves, traduction de Golnaz Houdichar, éd. Zoé, 1999 - extrait)


Les amants

de Louis Malle (1958)
Avec Jeanne Moreau et Jean-Marc Bory

L'amour t'attend


L'amour t'attend, de Fabian Negrin (Éditions Notari)
(leporello sous coffret, Les hérons - dès 14ans)

Un livre illustré qui se déplie sur trois mètres, un grand «leporello».
La lecture horizontale dévoile peu à peu, des pieds à la tête, le corps nu d’un garçon, puis, en position symétrique, celui d’une jeune fille, également nue. Ils semblent nager l’un vers l’autre, on sent le frémissement de leurs corps qui s’attirent, de leurs mains et de leurs bouches prêtes à s’unir. C’est la force de la sensualité, des impulsions données aux êtres et aux mouvements de leurs membres par l’attrait irrésistible de leurs sexes qui est montrée ici, en toute simplicité. Des couleurs vives et tendres, un dessin ferme et souple, forment le berceau de cette rencontre toute empreinte de pudeur dans la ferveur amoureuse. Ce grand tableau allongé est rythmé par un poème dont les morceaux se nichent dans diverses parties charnues des corps en émoi: épaules, cuisses, seins, mollets, fesses…, ce qui enrichit la lecture d’une jubilatoire impression d’explorer les lieux propices aux jeux érotiques. On comprend par cet ouvrage qu’une œuvre construite sur une interaction intime entre poésie et peinture se présente comme un véritable corps, et que la lecture peut devenir elle-même un acte d’amour.

La plage noire

de Michel Piccoli, 2001

Là où les Réponses dansent avec les Points d’interrogation, vous trouverez le remède






























« Comme je paressais, par un morne après-midi, mon imagination, manifestement froissée d’être aussi peu sollicitée, me faussa soudain compagnie. Je venais de perdre ce que le poète Wordsworth appelait son “œil intérieur”. Mais avais-je réellement perdu l’imagination, ou l’avais-je simplement égarée en la laissant vaguer à sa guise dans le monde ordinaire, le monde normal ? Qu’allais-je devenir, moi qui étais un artiste ? Comment pourrais-je continuer à travailler, à peindre, à vivre ?

J’essayais bien de me raccrocher à quelques bribes de souvenirs, mais elles étaient loin de me suffire. S’il est vrai que les souvenirs sont de vieilles dentelles, eh bien, mon ami, l’imagination est une paire de chaussures neuves. Et, quand on a perdu ses chaussures neuves, il ne reste plus qu’à se lancer à leur recherche. »

MAKE A SNOWFLAKE

décembre

Malban

















Malban, de Elodie Bouedec (2008)
animation 9min - ARTE/TV HD

Maine Océan

IMAGIMER [bleu ~] vie maritime, imagination Le bleu imagimer est la couleur de l'océan, quand on le regarde en imaginant des choses, par exemple des êtres dans les vagues ou des bateaux fabuleux.
La nuit dernière, j'ai fait des rêves couleur imagimer, j'étais un corsaire et mon bateau fendait l'air


http://pourpre.com/

TU ES LA PETITE AUBE DE MES RÊVES


Sucy, le 15 septembre 1939

Chère petite fée Aube

Je suis toujours un pauvre petit soldat derrière la porte de la caserne.

Je voudrais bien te voir et jouer avec toi toute une journée. Ce matin rue Fontaine j'ai regardé toutes tes poupées qui sont bien sages. La Bretonne dormait dans ton lit, Chantal et les deux autres étaient debout sur ton fauteuil. Et puis j'ai vu Matta2 et Pajarito3 au café. Il y avait aussi Francés, Tanguy et Péret. Tout le monde t'embrasse, on a parlé de la jolie manière dont tu dis : Qu'est-ce tu dis ! Qu'est-ce que tu fais là-bas que je ne te vois plus ? Mon petit doigt me dit que Jacqueline est très, très gentille avec toi. Il faut m'écrire un petit mot avec un grand A que je garderai sur mon coeur. Je voulais t'envoyer une petite fleur qui pousse sur le fossé d'en face mais il pleut trop. Est-ce qu'il y a moins de moustiques au bord de la mer ? À quoi tu joues ? Est-ce que tu as trouvé de petits amis ?

André

Paris, 27 décembre 1948

Il faut que j'écarte bien des rideaux de neige et d'oiseaux de mer pour arriver jusqu'à ma petite Aube. Je n'aime pas cette époque où il fait si froid, je ne l'ai jamais aimée : c'est peut-être parce qu'elle offrait si peu de séductions par elle-même qu'on y a mis ces fêtes coup sur coup. Et pour mon petit chéri on en a même prévu une en supplément, — pour elle toute seule, un peu en avance sur les deux autres. Il y a ainsi dans le ciel trois étoiles en droite ligne * * *, celle du milieu à égale distance des deux autres : je crois que cette petite constellation s'appelle les Trois Rois. Les Trois Rois, tu sais, ce sont les Rois mages — à peu près ce qu'il y a de plus joli dans la légende chrétienne — qui se sont mis en marche en se guidant sur une étoile, justement. Alors ces trois fêtes pour toi, cela fait dans mon esprit les Rois mages, à cheval, allant vers toi et m'aidant de toute leur lumière à te découvrir comme la première fois que je t'ai vue et que je te verrai toujours, même [quand] tu seras devenue tout à fait grande. Raconte-moi, mon chéri, comment se passent ces jours pour toi. Dire que je ne sais pas même si tu es à Roxbury. Comment vont Jacqueline et David ? Comment as-tu retrouvé le petit Merlin ? Il me semble que tu as tant de choses à m'apprendre que je ne sais même plus comment interroger. Ton grand-père m'a communiqué la lettre que tu lui as écrite : tu penses s'il était content. Moi aussi, parce que j'attrapais au vol toutes sortes de petites informations et de petits échos te concernant qui m'intéressent au plus haut point. Mais, tout cela, ce ne sont que des petits hors-d'oeuvre et tu ne vas pas me laisser en si grand appétit. As-tu retrouvé tes petites amies de l'ancienne école ? Et Sandra, la vois-tu toujours beaucoup ?

Ici il n'y a toujours pas grand-chose de changé. Il n'y a pas de voyage prévu pour cet hiver et c'est bien dommage parce que l'atelier est toujours glacial. Au printemps je dois aller faire des conférences à Fribourg, Francfort, Hambourg (Allemagne) et à Vienne (Autriche). Peut-être aussi au Maroc.

Elisa attend sa soeur dans les très prochains jours. Elle doit rester trois semaines à Paris avec ses deux enfants, l'un de dix-sept ans, l'autre une petite fille de dix ans, avant de se rendre en Turquie et en Asie. Je n'ai pas besoin de te dire que c'est un grand événement pour Elisa.

Écris-nous, mon petit oiseau. Que l'année 1949 t'ouvre des portes enchantées et que par l'une de ces portes il me soit donné de te voir entrer pour te retrouver près de moi.

Je te serre de tout le lierre du monde

André


Rien que de l'herbe
― pour que
ma petite Aube
y fasse passer
le printemps



Lettres à Aube, extraits - lettres d'André Breton à sa fille de 1938 à 1966 (Gallimard 2009)

Le livre en pente




PETER NEWELL (1862-1924)

Le Livre en pente (éd. Albin Michel, 2007)

Les petites siestes de Polly (éd. Albin Michel, 2009)
En pleine activité, à tout moment de la journée, Polly s’endort soudainement et rêve.
Peter NEWELL décrit ainsi 17 situations de la vie courante qui se transforment, au gré de l’imagination de Polly, en mini catastrophes, plus incroyables les unes que les autres.
Un monde enchanté et inquiétant comme seul un enfant ou un poète peuvent le vivre.



Seichito à Montreuil

Salon du livre de jeunesse à Montreuil du 25 au 30 nov
signature de Seichito, le 27 !

Passionnément

pas pas paspaspas pas
pasppas ppas pas paspas
le pas pas le faux pas le pas
paspaspas le pas le mau
le mauve le mauvais pas
paspas pas le pas le papa
le mauvais papa le mauve le pas
paspas passe paspaspasse
passe passe il passe il pas pas
il passe le pas du pas du pape
du pape sur le pape du pas du passe
passepasse passi le sur le
le pas le passi passi passi pissez sur
le pape sur papa sur le sur la sur
la pipe du papa du pape pissez en masse
passe passe passi passepassi la passe
la basse passi passepassi la
passio passiobasson le bas
le pas passion le basson et
et pas le basso do pas
paspas do passe passiopassion do
ne do ne domi ne passi ne dominez pas
ne dominez pas vos passions passives ne
ne domino vos passio vos vos
ssis vos passio ne dodo vos
vos dominos d’or
c’est domdommage do dodor
do pas pas ne domi
pas paspasse passio
vos pas ne do ne do ne dominez pas
vos passes passions vos pas vos
vos pas dévo dévorants ne do
ne dominez pas vos rats
pas vos rats
ne do dévorants ne do ne dominez pas
vos rats vos rations vos rats rations ne ne
ne dominez pas vos passions rations vos
ne dominez pas vos ne vos ne do do
minez minez vos nations ni mais do
minez ne do ne mi pas pas vos rats
vos passionnantes rations de rats de pas
pas passe passio minez pas
minez pas vos passions vos
vos rationnants ragoûts de rats dévo
dévorez-les dévo dédo do domi
dominez pas cet a cet avant-goût
de ragoût de pas de passe de
passi de pasigraphie gra phiphie
graphie phie de phie
phiphie phéna phénakiki
phénakisti coco
phénakisticope phiphie
phopho phiphie photo do do
dominez do photo mimez phiphie
photomicrographiez vos goûts
ces poux chorégraphiques phiphie
de vos dégoûts de vos dégâts pas
pas ça passio passion de ga
coco kistico ga les dégâts pas
le pas pas passiopas passion
passion passioné né né
il est né de la né
de la néga ga de la néga
de la négation passion gra cra
crachez cra crachez sur vos nations cra
de la neige il est il est né
passioné né il est né
à la nage à la rage il
est né à la né à la nécronage cra rage il
il est né de la né de la néga
néga ga cra crachez de la né
de la ga pas néga négation passion
passionné nez pasionném je
je t’ai je t’aime je
je je jet je t’ai jetez
je t’aime passionném t’aime
je t’aime je je jeu passion j’aime
passionné éé ém émer
émerger aimer je je j’aime
émer émerger é é pas
passi passi éééé ém
éme émersion passion
passionné é je
je t’ai je t’aime je t’aime
passe passio ô passio
passio ô ma gr
ma gra cra crachez sur les rations
ma grande ma gra ma té
ma té ma gra
ma grande ma té
ma terrible passion passionnée
je t’ai je terri terrible passio je
je je t’aime
je t’aime je t’ai je
t’aime aime aime je t’aime
passionné é aime je
t’aime passioném
je t’aime
passionnément aimante je
t’aime je t’aime passionnément
je t’ai je t’aime passionné né
je t’aime passionné
je t’aime passionnément je t’aime
je t’aime passio passionnément

Ghérasim Luca (1973)

L'homme de la Pampa

Bigua pouvait rester des heures à fumer, à prendre du maté, le chalumeau d'argent à ses lèvres et sans se retourner une seule fois. Il ne lisait guère, ayant toujours une question à régler au fond de sa mémoire. Lui, un homme d'action autrefois, était devenu une étonnante machine à rêve comme ceux qui ont longtemps habité la mer ou les pampas: toujours l'horizon ou le mur de leur chambre a quelque confuse nouvelle à leur annoncer. Pleuvait-il, un jour qu'il méditait sur les raisons qui avaient poussé le président San Juan à le trahir, le mécontentement du colonel devenait une pluie interminable et tous les souvenirs s'écoulaient pluvieusement autour de lui. Nul ne savait mieux que lui mêler son présent aux conditions atmosphériques, à la couleur du ciel, aux bruits de la rue, à ceux de son appartement.

Le voleur d'enfants, de Jules Supervielle

Paris, Océan Atlantique, Uruguay (1924-1926)

Mado

Les biches

Les bonnes femmes

COQUETEL AU BORD DU LOIR



Éloge de la paresse

par
Eugène Marsan

~*~

COQUETEL AU BORD DU LOIR

IMAGINEZ un château.

Un château vous plaira. Et non pas une vaste fabrique rétablie à grand frais, comme un musée, mais une demeure.

La grosse tour de l’ouest est du XIIIe. La légende veut, comme toujours, que ses fondations remontent jusqu’aux Romains. La tour du levant est du XVe, avec une porte si basse qu’il faut se baisser, curieux vestige d’un âge antérieur. Entre elles, tout le corps de logis est d’une Renaissance retouchée. La petite aile droite a double visage : Empire et Louis XVI.

Il est certain qu’une telle bigarrure serait laide dans un objet récent. Il n’est pas moins sûr que le château de B… est délicieux. Après tout, vous comprenez pourquoi. Chacun a subordonné ce qu’il apportait selon le goût nouveau à ce qu’il laissait par besoin ou par respect. Une sorte d’unité est venue de l’usage et de la succession. Le ciel angevin, pour finir, a doucement mûri ce fruit de greffe. Il vous est arrivé de découvrir au fond d’une belle allée donnant sur la route une de ces maisons qui vous troublait soudain comme une femme. Et vous souhaitiez d’y vivre.

Ce qui attriste certains châteaux est un air d’aridité. Ils n’ont aucune eau vive. Et ce peut être l’isolement. Ils perchent ou gisent au milieu d’un désert. B…, à la lisière du bourg, ressemble à une mère poule qui marche en tête de ses poussins, ou bien à quelque capitaine sobrement empanaché qui réunit sa troupe. Je parle comme Aloysius Bertrand. Et le Loir l’embrasse avec tendresse. Le Loir en a fait une île. Les heures reçoivent, dans ce miroir pâle ou ardent, l’image de B…, à demi enveloppée par les arbres.

Nous étions une bonne demi-douzaine qui causions en buvant. La terrasse porte un gros arbre autour duquel l’habitude veut qu’on se range à la fin de l’après-midi. On s’éloigne, à mesure que l’ombre s’allonge. Les derniers rayons nous trouvent établis sur la margelle de la rive, autour d’une petite crique pleine d’algues, d’où nous regardons pencher l’astre du jour. Il était, ce soir-là, et tout le ciel avec lui, d’un blanc d’argent que le fleuve, sans une ride, répétait en moins vif.

Fabrice, Charlemagne, Ghirlandaio, Colbert, Ajax, Savonarole, Livingstone, nous étions plus de six. Vous saurez tout à l’heure l’origine de ces noms bizarres. Nous étions plus de six, et deux dames avec nous. Mme Reine, la dame du château, qui semble une reine, en effet, ou plutôt une bonne sainte de nos églises. Renoir l’a peinte, dans son éclat, mais il l’a épaissie ; la postérité en soit prévenue. Mme Reine et sa belle-fille, la femme de Savonarole : nous la nommions Minerve, parce qu’elle est la raison même, cela va sans commentaires.

Peu à peu, la bulle que formait l’espace parut s’alléger encore, devenir un fluide plus transparent, éthéré, tout à fait impondérable. Puis, des vapeurs en foule naquirent dans le firmament. Il semblait qu’elles se fussent rassemblées à la hâte. Il avait seulement fallu que le soleil les frappât de biais. En même temps, il les avait transfigurées. Un amas d’archanges, de « chars vivants », et de trônes, et de glaives.

- On a beau dire, déclara Fabrice, tout répandu dans l’herbe, la paresse est bonne. Un idiot qui est paresseux, il s’ennuie à ne rien faire. Il me semble pourtant qu’il doit s’ennuyer toujours. Au lieu qu’un paresseux homme d’esprit goûte des plaisirs sans fin.

- Vous ne comptez pas, dit Mme Livingstone, qui nous était arrivée à l’instant (jolie brune aux yeux bleus et gris), vous ne comptez pas tous ceux que la paresse lui fait perdre. La dame d’onze heures ne verra pas ce couchant.

- La malavisée ! dit Mme Reine. A force de bâiller sur un livre ou sur elle-même, elle finira par ne plus rien savoir du globe qui la porte.

- Mais nous, dit Ajax, savons-nous bien ce qui l’enchante ? Je me rappelle une pensée de Jean-Jacques. Ce dément attrapait quelquefois un bon reste de nos moralistes, et il savait une langue magnifique : « L’oisiveté des cercles est triste parce qu’elle est de nécessité ; celle de la solitude est charmante, parce qu’elle est libre et de volonté. »

- En d’autres termes, vous encouragez la dame d’onze heures à nous fuir ?

- Oh ! la pauvre petite. Je crois seulement qu’elle se cherche. Ses pensées, ses livres. Elle cherche à reconnaître dans cet orage de découvertes qui étonne ses dix-huit ans. De là ses rêveries, sa distraction. Elle est paresseuse comme La Fontaine.

Ainsi naquit un beau soir un beau sujet de conversation.


(la suite ici)

De loin on dirait une île

Exposition "Les livres de Bruno Munari"

du 6 octobre 2009 au 10 janvier 2010

à la bibliothèque des Arts Décoratifs, 111 rue de Rivoli 75001 Paris

à l'occasion de la sortie le 6 octobre de

LES LIVRES DE BRUNO MUNARI
de Giorgio Maffei

traduit de l'italien par Annie Mirabel

édition Les Trois Ourses

Une belle fille comme toi

La fiancée du pirate

Celui-là, c'est pour moi

Je t'aime tant
Ellie et Jacno

BLEXBOLEX


L'imagier des gens, BLEXBOLEX (Albin Michel Jeunesse - 2009)
vient de paraître :
Saisons, BLEXBOLEX (Albin Michel Jeunesse - 2009)

Éloge de la paresse...

IMAGINEZ un château.

Fumée























Fumée
, texte de Anton Fortes, illustrations de Joanna Concejo
Éditions Oqo - 2009
(image de la couverture italienne)

Laurent, le neveu de cheval

http://www.dailymotion.com/video/x1igfc_panique-au-village-laurent_creation

Panique au village, de Vincent Patar et Stéphane Aubier (2002)

Peau-bleue

Kiki Smith, Tattoo print (1995)

Mattotti

Hansel et Gretel, dessins de Lorenzo Mattotti (Gallimard jeunesse - 2009)
http://www.mattotti.com/

Le droit de rêver

A peine entrons-nous dans le sommeil que l'espace s'amortit et s'endort — s'endort un peu en avance sur nous-mêmes, perdant ses fibres et ses liens, perdant ses forces de structure, ses cohérences géométriques. L'espace où nous allons vivre nos heures nocturnes n'a plus de lointain. Il est la toute proche synthèse des choses et de nous-mêmes. Rêvons-nous d'un objet, nous entrons dans cet objet comme en une coquille. Notre espace onirique a toujours un coefficient central. Parfois, dans nos rêves de vol, nous croyons aller bien haut, mais nous ne sommes alors qu'un peu de matière volante. Et les cieux que nous escaladons sont des cieux tout intimes — des désirs, des espoirs, des orgueils. Nous sommes trop étonnés de l'extraordinaire voyage pour en faire une occasion de spectacle. Nous restons le centre même de notre expérience onirique. Si un astre brille, c'est le dormeur qui s'étoile : un petit éclat sur la rétine endormie dessine une constellation éphémère, évoque le souvenir confus d'une nuit étoilée.

Gaston Bachelard, L'espace onirique, in Le Droit de rêver (1970)

La rencontre

La rencontre, de Alain Cavalier (1996)
Irène (sortie le 28 octobre)

Vergers

Vue des anges, les cimes des arbres peut-être
Sont des racines, buvant les cieux ;
Et dans le sol, les profondes racines d’un hêtre
Leur semblent des faîtes silencieux.

Pour eux, la terre, n’est-elle point transparente
en face d’un ciel, plein comme un corps ?
Cette terre ardente, où se lamente
auprès des sources l’oubli des morts.

Rainer Maria Rilke, Vergers XXXVIII

Lettre pour Seichito


Merci beaucoup pour le livre!
Il était joli, il y avait des pierres.
Nous avons aimé ce livre parce que:

Au milieu il était tout rose et avant il était gris.
Il se transformait.
Il pouvait jeter de l'encre.
Il avait beaucoup d'imagination.
Il tombait amoureux.

The soap lady, Renee French













http://reneefrench.blogspot.com/

En y réfléchissant, j’ai assassiné des enfants dans mes livres pendant des années

The Gashlycrumb Tinies or After the Outing, de Edward Gorey (1963)
http://ops.tamu.edu/x075bb/poems/gorey/

Le rapetissement de Treehorn

Le rapetissement de Treehorn,
de Florence Parry Heide, dessins de Edward Gorey (1971 - Attila 2009)
L’enfance, c’est fait pour grandir. Les enfants grandissent donc, plus ou moins pour certains, mais toujours trop vite pour leurs parents. Treehorn est un enfant, mais lui, étrangement, rapetisse. Pourquoi ? Comment ? Personne ne le sait, et surtout personne ne semble le croire car un enfant ne peut que grandir… Treehorn retrouvera-t-il sa taille normale ? Cela a-t-il à voir avec sa boîte de céréales ?

Le trésor de Treehorn,
de Florence Parry Heide, dessins de Edward Gorey (Attila 2009)

Pourquoi dis, pourquoi m'as-tu pris mes yeux?

« Pourquoi dis, pourquoi m'as-tu pris mes yeux? »
Léona Delcourt, Lettre à André Breton du 22 octobre 1926 (extrait)

Arcane 17

Dans le rêve d’Élisa, cette vieille gitane qui voulait m’embrasser et que je fuyais, mais c’était l’île Bonaventure, un des plus grands sanctuaires d’oiseaux de mer qui soient au monde. Nous en avions fait le tour le matin même, par temps couvert, sur un bateau de pêche toutes voiles dehors et nous étions plu, au départ, à l’arrangement tout fortuit, mais à la Hogarth, des flotteurs faits d’un baril jaune ou rouge, dont le fond s’ornait au pinceau de signes d’apparence cabalistique, baril surmonté d’une haute tige au sommet de laquelle flottait un drapeau noir (le rêve s’est sans doute emparé de ces engins, groupés en faisceaux irréguliers sur le pont, pour vêtir la bohémienne ). Le claquement des drapeaux nous avait accompagnés tout du long, au moment près où notre attention avait été captée par l’aspect, bravant l’imagination, qu’offrait l’abrupte paroi de l’île, frangée de marche en marche d’une écume de neige vivante et sans cesse recommencée à capricieux et larges coups de truelle bleue. (...)

Arcane 17, de André Breton (1947)

Sois patient, car le monde est long et large



FIN DE FLATLAND
La trame inconsistante de ma vision
a fondu dans l'air léger
c'est de cette étoffe que les rêves sont faits


Flatland
, Edwin A. Abbott (1884)

Portrait d'une ombre

Combien de fois ai-je fixé, entre lierre et pierre, entre lumière et voûte, l'ombre qui tournait dans la poussière! Combien de fois ai-je surpris ton passage, ta présence inquiète et diffuse, dans l'instant, l'émiettement des heures. Les heures, père.

Portrait d'une ombre
, de Jacques Chessex (1976 - Zoé, Genève, 1999)