INCANTA

INCANTA
CRAC Languedoc-Rousillon, Sète
du 30 octobre 2009 au 17 janvier 2010
http://crac.lr.free.fr/
Who are you, little i
(cinq ou six ans peut-être)
là-haut à sa fenêtre
considérant ; tout yeux
l’or d’un couchant d’hiver
(et sentant bien : que si
le jour doit se faire nuit
c’est là une belle manière
Contes de fées, 16 poèmes enfantins, de e. e. cummings (Clémence Hiver, 2002)
Quand je mourrai
Quand je mourrai,
je ferai ça moi-même.
Personne à ma place.
Quand je serai prête,
je dirai
" Fynn, redresse-moi. "
Et je rirai
de joie.
Si je retombe,
c'est que je suis morte.
Anna et Mister God, de Fynn (1974)
Comment refuser de manger un plat que l'on déteste,
Matériel à cacher dans un poche avant de partir :
- Un air désespéré.
- Un rouleau de papier collant.
- Une attitude très polie.
- Une boîte de peinture.
Pendant que les grands Ouroulbouloucks s'installent à table et boivent l'apérotif:
- S'assoir à sa place.
- Coller le papier sur sa bouche.
- Peindre le papier collé sur sa bouche de la même couleur que ses joues.
- Mettre l'air désespéré dans ses yeux.
- Montrer son attitude très polie.
À un moment ou à un autre, les adultes verront l'absence de bouche. Aussitôt ils vous diront d'aller vous coucher, car c'est la seule façon de guérir d'une absence de bouche.
- Quitter la table sans se précipiter.
- Faire un petit salut, comme à la fin d'un spectacle.
- Sortir.
- Fermer la porte derrière soi.
Ensuite, faire ce qu'on veut. Quand les Ouroulboulouks mangent, ils ne pensent à rien d'autre et ne vont jamais vérifier si les enfants sans bouche dorment dans leur chambre.
Almanach ouroulboulouck, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)
Où poser un bain une fois qu'on l'a pris ?
À savoir: le bain mou, sans mousse moussant sans eau d'heure tardive n'existe pas, même à l'état sauvage. C'est une légende.
Almanach ouroulboulouck, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)
Comment savoir ce que disent les parents dans leur lit
- Ne pas oublier de la retirer avant le lever du Grossoleille.
- S'isoler et tirer les Zorilles vigoureusement, quand elles sont bien rouges, elles racontent tout ce qu'elles ont entendu.
Conseil: écouter.
Almanach ouroulboulouck, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)
Chère Plune
Almanach ouroulboulouck, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)
Jézembe
Almanach ouroulboulouck, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)
Réfléchissons un peu !
Réponse pour réfléchir :
Comment feraient les parapluies si elle montait ?
Almanach ouroulboulouck, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)
La plus petite fleur du monde
Almanach ouroulboulouck, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)
Jeu d'observation
Almanach ouroulboulouck, de Claude Ponti (L'école des loisirs 2007)
Croyez-vous, ma chère, quelle sottise de penser qu'on peut se réchauffer avec des allumettes.

A la vue des malheurs que la mort cause autour d'elle,
les jeunes gens décident de fuir dans les nuages...
La petite marchande d'allumettes, de Jean Renoir (1928) (extrait)
L'attrape-coeur
- C’est "si un corps rencontre un corps qui vient à travers les seigles". C’est un poème de Richard Burns.
J.D Salinger
Leben ? oder Theater ?


(...) Une personne est assise face à la mer. Elle peint. Une musique est dans sa tête. Elle s'aperçoit que la musique correspond exactement à ce qu'elle essaye de mettre sur papier. Un texte se forme dans sa tête et elle commence à chanter la chanson avec ses propres mots...
Charlotte Salomon est née dans une famille juive en 1917 à Berlin. Après la Nuit de Cristal, fin 1938, elle est envoyée sur la Côte d’Azur. Hantée par de nombreux suicides dans sa famille, exilée, elle réalise de 1940 à 1942 « Vie ? ou Théâtre ? », une trilogie avec près de 1325 gouaches, des textes et des partitions musicales. Elle avait 26 ans lorsqu’elle fut arrêtée et gazée à Auschwitz.
Vie? ou théâtre ? pièce chantée, de Charlotte Salomon (1325 gouaches, textes et partitions musicales)
A children's tale
Retour dans la neige
Retour dans la neige, de Robert Walser (proses brèves, traduction de Golnaz Houdichar, éd. Zoé, 1999 - extrait)
L'amour t'attend

L'amour t'attend, de Fabian Negrin (Éditions Notari)
(leporello sous coffret, Les hérons - dès 14ans)
La lecture horizontale dévoile peu à peu, des pieds à la tête, le corps nu d’un garçon, puis, en position symétrique, celui d’une jeune fille, également nue. Ils semblent nager l’un vers l’autre, on sent le frémissement de leurs corps qui s’attirent, de leurs mains et de leurs bouches prêtes à s’unir. C’est la force de la sensualité, des impulsions données aux êtres et aux mouvements de leurs membres par l’attrait irrésistible de leurs sexes qui est montrée ici, en toute simplicité. Des couleurs vives et tendres, un dessin ferme et souple, forment le berceau de cette rencontre toute empreinte de pudeur dans la ferveur amoureuse. Ce grand tableau allongé est rythmé par un poème dont les morceaux se nichent dans diverses parties charnues des corps en émoi: épaules, cuisses, seins, mollets, fesses…, ce qui enrichit la lecture d’une jubilatoire impression d’explorer les lieux propices aux jeux érotiques. On comprend par cet ouvrage qu’une œuvre construite sur une interaction intime entre poésie et peinture se présente comme un véritable corps, et que la lecture peut devenir elle-même un acte d’amour.
Là où les Réponses dansent avec les Points d’interrogation, vous trouverez le remède

« Comme je paressais, par un morne après-midi, mon imagination, manifestement froissée d’être aussi peu sollicitée, me faussa soudain compagnie. Je venais de perdre ce que le poète Wordsworth appelait son “œil intérieur”. Mais avais-je réellement perdu l’imagination, ou l’avais-je simplement égarée en la laissant vaguer à sa guise dans le monde ordinaire, le monde normal ? Qu’allais-je devenir, moi qui étais un artiste ? Comment pourrais-je continuer à travailler, à peindre, à vivre ?
J’essayais bien de me raccrocher à quelques bribes de souvenirs, mais elles étaient loin de me suffire. S’il est vrai que les souvenirs sont de vieilles dentelles, eh bien, mon ami, l’imagination est une paire de chaussures neuves. Et, quand on a perdu ses chaussures neuves, il ne reste plus qu’à se lancer à leur recherche. »
Maine Océan
La nuit dernière, j'ai fait des rêves couleur imagimer, j'étais un corsaire et mon bateau fendait l'air
http://pourpre.com/
TU ES LA PETITE AUBE DE MES RÊVES
Sucy, le 15 septembre 1939
Chère petite fée Aube
Je suis toujours un pauvre petit soldat derrière la porte de la caserne.
Je voudrais bien te voir et jouer avec toi toute une journée. Ce matin rue Fontaine j'ai regardé toutes tes poupées qui sont bien sages. La Bretonne dormait dans ton lit, Chantal et les deux autres étaient debout sur ton fauteuil. Et puis j'ai vu Matta2 et Pajarito3 au café. Il y avait aussi Francés, Tanguy et Péret. Tout le monde t'embrasse, on a parlé de la jolie manière dont tu dis : Qu'est-ce tu dis ! Qu'est-ce que tu fais là-bas que je ne te vois plus ? Mon petit doigt me dit que Jacqueline est très, très gentille avec toi. Il faut m'écrire un petit mot avec un grand A que je garderai sur mon coeur. Je voulais t'envoyer une petite fleur qui pousse sur le fossé d'en face mais il pleut trop. Est-ce qu'il y a moins de moustiques au bord de la mer ? À quoi tu joues ? Est-ce que tu as trouvé de petits amis ?
André
Paris, 27 décembre 1948
Il faut que j'écarte bien des rideaux de neige et d'oiseaux de mer pour arriver jusqu'à ma petite Aube. Je n'aime pas cette époque où il fait si froid, je ne l'ai jamais aimée : c'est peut-être parce qu'elle offrait si peu de séductions par elle-même qu'on y a mis ces fêtes coup sur coup. Et pour mon petit chéri on en a même prévu une en supplément, — pour elle toute seule, un peu en avance sur les deux autres. Il y a ainsi dans le ciel trois étoiles en droite ligne * * *, celle du milieu à égale distance des deux autres : je crois que cette petite constellation s'appelle les Trois Rois. Les Trois Rois, tu sais, ce sont les Rois mages — à peu près ce qu'il y a de plus joli dans la légende chrétienne — qui se sont mis en marche en se guidant sur une étoile, justement. Alors ces trois fêtes pour toi, cela fait dans mon esprit les Rois mages, à cheval, allant vers toi et m'aidant de toute leur lumière à te découvrir comme la première fois que je t'ai vue et que je te verrai toujours, même [quand] tu seras devenue tout à fait grande. Raconte-moi, mon chéri, comment se passent ces jours pour toi. Dire que je ne sais pas même si tu es à Roxbury. Comment vont Jacqueline et David ? Comment as-tu retrouvé le petit Merlin ? Il me semble que tu as tant de choses à m'apprendre que je ne sais même plus comment interroger. Ton grand-père m'a communiqué la lettre que tu lui as écrite : tu penses s'il était content. Moi aussi, parce que j'attrapais au vol toutes sortes de petites informations et de petits échos te concernant qui m'intéressent au plus haut point. Mais, tout cela, ce ne sont que des petits hors-d'oeuvre et tu ne vas pas me laisser en si grand appétit. As-tu retrouvé tes petites amies de l'ancienne école ? Et Sandra, la vois-tu toujours beaucoup ?
Ici il n'y a toujours pas grand-chose de changé. Il n'y a pas de voyage prévu pour cet hiver et c'est bien dommage parce que l'atelier est toujours glacial. Au printemps je dois aller faire des conférences à Fribourg, Francfort, Hambourg (Allemagne) et à Vienne (Autriche). Peut-être aussi au Maroc.
Elisa attend sa soeur dans les très prochains jours. Elle doit rester trois semaines à Paris avec ses deux enfants, l'un de dix-sept ans, l'autre une petite fille de dix ans, avant de se rendre en Turquie et en Asie. Je n'ai pas besoin de te dire que c'est un grand événement pour Elisa.
Écris-nous, mon petit oiseau. Que l'année 1949 t'ouvre des portes enchantées et que par l'une de ces portes il me soit donné de te voir entrer pour te retrouver près de moi.
Je te serre de tout le lierre du monde
André― pour que
ma petite Aube
y fasse passer
le printemps
Lettres à Aube, extraits - lettres d'André Breton à sa fille de 1938 à 1966 (Gallimard 2009)
Le livre en pente

PETER NEWELL (1862-1924)
Le Livre en pente (éd. Albin Michel, 2007)
Les petites siestes de Polly (éd. Albin Michel, 2009)
En pleine activité, à tout moment de la journée, Polly s’endort soudainement et rêve.
Peter NEWELL décrit ainsi 17 situations de la vie courante qui se transforment, au gré de l’imagination de Polly, en mini catastrophes, plus incroyables les unes que les autres.
Un monde enchanté et inquiétant comme seul un enfant ou un poète peuvent le vivre.
Seichito à Montreuil
signature de Seichito, le 27 !
Passionnément
pas pas paspaspas pas
pasppas ppas pas paspas
le pas pas le faux pas le pas
paspaspas le pas le mau
le mauve le mauvais pas
paspas pas le pas le papa
le mauvais papa le mauve le pas
paspas passe paspaspasse
passe passe il passe il pas pas
il passe le pas du pas du pape
du pape sur le pape du pas du passe
passepasse passi le sur le
le pas le passi passi passi pissez sur
le pape sur papa sur le sur la sur
la pipe du papa du pape pissez en masse
passe passe passi passepassi la passe
la basse passi passepassi la
passio passiobasson le bas
le pas passion le basson et
et pas le basso do pas
paspas do passe passiopassion do
ne do ne domi ne passi ne dominez pas
ne dominez pas vos passions passives ne
ne domino vos passio vos vos
ssis vos passio ne dodo vos
vos dominos d’or
c’est domdommage do dodor
do pas pas ne domi
pas paspasse passio
vos pas ne do ne do ne dominez pas
vos passes passions vos pas vos
vos pas dévo dévorants ne do
ne dominez pas vos rats
pas vos rats
ne do dévorants ne do ne dominez pas
vos rats vos rations vos rats rations ne ne
ne dominez pas vos passions rations vos
ne dominez pas vos ne vos ne do do
minez minez vos nations ni mais do
minez ne do ne mi pas pas vos rats
vos passionnantes rations de rats de pas
pas passe passio minez pas
minez pas vos passions vos
vos rationnants ragoûts de rats dévo
dévorez-les dévo dédo do domi
dominez pas cet a cet avant-goût
de ragoût de pas de passe de
passi de pasigraphie gra phiphie
graphie phie de phie
phiphie phéna phénakiki
phénakisti coco
phénakisticope phiphie
phopho phiphie photo do do
dominez do photo mimez phiphie
photomicrographiez vos goûts
ces poux chorégraphiques phiphie
de vos dégoûts de vos dégâts pas
pas ça passio passion de ga
coco kistico ga les dégâts pas
le pas pas passiopas passion
passion passioné né né
il est né de la né
de la néga ga de la néga
de la négation passion gra cra
crachez cra crachez sur vos nations cra
de la neige il est il est né
passioné né il est né
à la nage à la rage il
est né à la né à la nécronage cra rage il
il est né de la né de la néga
néga ga cra crachez de la né
de la ga pas néga négation passion
passionné nez pasionném je
je t’ai je t’aime je
je je jet je t’ai jetez
je t’aime passionném t’aime
je t’aime je je jeu passion j’aime
passionné éé ém émer
émerger aimer je je j’aime
émer émerger é é pas
passi passi éééé ém
éme émersion passion
passionné é je
je t’ai je t’aime je t’aime
passe passio ô passio
passio ô ma gr
ma gra cra crachez sur les rations
ma grande ma gra ma té
ma té ma gra
ma grande ma té
ma terrible passion passionnée
je t’ai je terri terrible passio je
je je t’aime
je t’aime je t’ai je
t’aime aime aime je t’aime
passionné é aime je
t’aime passioném
je t’aime
passionnément aimante je
t’aime je t’aime passionnément
je t’ai je t’aime passionné né
je t’aime passionné
je t’aime passionnément je t’aime
je t’aime passio passionnément
Ghérasim Luca (1973)
L'homme de la Pampa
Paris, Océan Atlantique, Uruguay (1924-1926)
COQUETEL AU BORD DU LOIR
Éloge de la paresse
~*~
Un château vous plaira. Et non pas une vaste fabrique rétablie à grand frais, comme un musée, mais une demeure.
La grosse tour de l’ouest est du XIIIe. La légende veut, comme toujours, que ses fondations remontent jusqu’aux Romains. La tour du levant est du XVe, avec une porte si basse qu’il faut se baisser, curieux vestige d’un âge antérieur. Entre elles, tout le corps de logis est d’une Renaissance retouchée. La petite aile droite a double visage : Empire et Louis XVI.
Il est certain qu’une telle bigarrure serait laide dans un objet récent. Il n’est pas moins sûr que le château de B… est délicieux. Après tout, vous comprenez pourquoi. Chacun a subordonné ce qu’il apportait selon le goût nouveau à ce qu’il laissait par besoin ou par respect. Une sorte d’unité est venue de l’usage et de la succession. Le ciel angevin, pour finir, a doucement mûri ce fruit de greffe. Il vous est arrivé de découvrir au fond d’une belle allée donnant sur la route une de ces maisons qui vous troublait soudain comme une femme. Et vous souhaitiez d’y vivre.
Ce qui attriste certains châteaux est un air d’aridité. Ils n’ont aucune eau vive. Et ce peut être l’isolement. Ils perchent ou gisent au milieu d’un désert. B…, à la lisière du bourg, ressemble à une mère poule qui marche en tête de ses poussins, ou bien à quelque capitaine sobrement empanaché qui réunit sa troupe. Je parle comme Aloysius Bertrand. Et le Loir l’embrasse avec tendresse. Le Loir en a fait une île. Les heures reçoivent, dans ce miroir pâle ou ardent, l’image de B…, à demi enveloppée par les arbres.
Nous étions une bonne demi-douzaine qui causions en buvant. La terrasse porte un gros arbre autour duquel l’habitude veut qu’on se range à la fin de l’après-midi. On s’éloigne, à mesure que l’ombre s’allonge. Les derniers rayons nous trouvent établis sur la margelle de la rive, autour d’une petite crique pleine d’algues, d’où nous regardons pencher l’astre du jour. Il était, ce soir-là, et tout le ciel avec lui, d’un blanc d’argent que le fleuve, sans une ride, répétait en moins vif.
Fabrice, Charlemagne, Ghirlandaio, Colbert, Ajax, Savonarole, Livingstone, nous étions plus de six. Vous saurez tout à l’heure l’origine de ces noms bizarres. Nous étions plus de six, et deux dames avec nous. Mme Reine, la dame du château, qui semble une reine, en effet, ou plutôt une bonne sainte de nos églises. Renoir l’a peinte, dans son éclat, mais il l’a épaissie ; la postérité en soit prévenue. Mme Reine et sa belle-fille, la femme de Savonarole : nous la nommions Minerve, parce qu’elle est la raison même, cela va sans commentaires.
Peu à peu, la bulle que formait l’espace parut s’alléger encore, devenir un fluide plus transparent, éthéré, tout à fait impondérable. Puis, des vapeurs en foule naquirent dans le firmament. Il semblait qu’elles se fussent rassemblées à la hâte. Il avait seulement fallu que le soleil les frappât de biais. En même temps, il les avait transfigurées. Un amas d’archanges, de « chars vivants », et de trônes, et de glaives.
- On a beau dire, déclara Fabrice, tout répandu dans l’herbe, la paresse est bonne. Un idiot qui est paresseux, il s’ennuie à ne rien faire. Il me semble pourtant qu’il doit s’ennuyer toujours. Au lieu qu’un paresseux homme d’esprit goûte des plaisirs sans fin.
- Vous ne comptez pas, dit Mme Livingstone, qui nous était arrivée à l’instant (jolie brune aux yeux bleus et gris), vous ne comptez pas tous ceux que la paresse lui fait perdre. La dame d’onze heures ne verra pas ce couchant.
- La malavisée ! dit Mme Reine. A force de bâiller sur un livre ou sur elle-même, elle finira par ne plus rien savoir du globe qui la porte.
- Mais nous, dit Ajax, savons-nous bien ce qui l’enchante ? Je me rappelle une pensée de Jean-Jacques. Ce dément attrapait quelquefois un bon reste de nos moralistes, et il savait une langue magnifique : « L’oisiveté des cercles est triste parce qu’elle est de nécessité ; celle de la solitude est charmante, parce qu’elle est libre et de volonté. »
- En d’autres termes, vous encouragez la dame d’onze heures à nous fuir ?
- Oh ! la pauvre petite. Je crois seulement qu’elle se cherche. Ses pensées, ses livres. Elle cherche à reconnaître dans cet orage de découvertes qui étonne ses dix-huit ans. De là ses rêveries, sa distraction. Elle est paresseuse comme La Fontaine.
Ainsi naquit un beau soir un beau sujet de conversation.
(la suite ici)
De loin on dirait une île
Exposition "Les livres de Bruno Munari"
du 6 octobre 2009 au 10 janvier 2010
à la bibliothèque des Arts Décoratifs, 111 rue de Rivoli 75001 Paris
à l'occasion de la sortie le 6 octobre de
LES LIVRES DE BRUNO MUNARI
de Giorgio Maffei
traduit de l'italien par Annie Mirabel
édition Les Trois Ourses
BLEXBOLEX
Fumée
Laurent, le neveu de cheval
Panique au village, de Vincent Patar et Stéphane Aubier (2002)
Le droit de rêver
Gaston Bachelard, L'espace onirique, in Le Droit de rêver (1970)
Vergers
Sont des racines, buvant les cieux ;
Et dans le sol, les profondes racines d’un hêtre
Leur semblent des faîtes silencieux.
Pour eux, la terre, n’est-elle point transparente
en face d’un ciel, plein comme un corps ?
Cette terre ardente, où se lamente
auprès des sources l’oubli des morts.
Rainer Maria Rilke, Vergers XXXVIII
Lettre pour Seichito
Merci beaucoup pour le livre!
En y réfléchissant, j’ai assassiné des enfants dans mes livres pendant des années
The Gashlycrumb Tinies or After the Outing, de Edward Gorey (1963)http://ops.tamu.edu/x075bb/poems/gorey/
Le rapetissement de Treehorn
Le rapetissement de Treehorn,de Florence Parry Heide, dessins de Edward Gorey (1971 - Attila 2009)
L’enfance, c’est fait pour grandir. Les enfants grandissent donc, plus ou moins pour certains, mais toujours trop vite pour leurs parents. Treehorn est un enfant, mais lui, étrangement, rapetisse. Pourquoi ? Comment ? Personne ne le sait, et surtout personne ne semble le croire car un enfant ne peut que grandir… Treehorn retrouvera-t-il sa taille normale ? Cela a-t-il à voir avec sa boîte de céréales ?
Le trésor de Treehorn,
de Florence Parry Heide, dessins de Edward Gorey (Attila 2009)
Pourquoi dis, pourquoi m'as-tu pris mes yeux?
Léona Delcourt, Lettre à André Breton du 22 octobre 1926 (extrait)
Arcane 17
Arcane 17, de André Breton (1947)
Sois patient, car le monde est long et large
Portrait d'une ombre
Portrait d'une ombre, de Jacques Chessex (1976 - Zoé, Genève, 1999)































